Nouvelles syndicales et professionnelles

Association du Sud-Ouest

départ du Dr Serge Lalonde

Emmanuèle Garnier  |  2018-12-21

Après vingt-trois ans de vie syndicale, dont quatre ans à la présidence de l’Association des médecins omnipraticiens du Sud-Ouest (AMOSO), le Dr Serge Lalonde se retire. Il part en laissant une association où les liens avec les membres et avec différents organismes du réseau ont été resserrés.

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« Je suis fier d’avoir favorisé le développement d’une culture de la communication. Cela nous manquait beaucoup auparavant », explique le président sortant. Maintenant, les médecins de l’AMOSO reçoivent régulièrement, par différents médiums, des informations syndicales, mais aussi des renseignements sur l’organisation de la pratique. Une initiative qui a rapproché les médecins de leur association.

La communication entre l’AMOSO et les autres acteurs du réseau s’est aussi accrue. Les membres du bureau participent maintenant aux réunions d’autres organismes, comme le DRMG. « Cela nous permet de communiquer avec les gens en place, qui sont souvent des leaders dans leur milieu », précise le Dr Lalonde.

périodes intenses

Au cours de son mandat, le Dr Lalonde a connu des périodes intenses. Par exemple, lors de l’effort collectif de prise en charge de la population. « Nous avons réussi à obtenir une participation assez forte de nos membres. Les médecins de famille ont inscrit des patients, tout en tenant à bout de bras la deuxième ligne. Il y avait et il y a encore un manque flagrant d’omnipraticiens et de ressources spécialisées dans notre région. »

Les médecins de l’AMOSO sont ainsi partis d’un taux d’inscription d’environ 68 % en 2015 et sont parvenus à quelque 79 % en 2018. Le nombre de patients dans les guichets d’accès a, par ailleurs, baissé de façon importante. « On peut être fier du travail accompli », estime le président sortant.

Au cours de sa présidence, le Dr Lalonde a par ailleurs eu le plaisir de voir les GMF se multiplier sur son territoire, des GMF-R apparaître et des cliniques se moderniser pour être plus efficaces. « Nos modèles de pratique sont maintenant modernes, multidisciplinaires, bien intégrés au réseau et correspondent aux besoins de la population. » L’AMOSO a participé à cette transformation entre autres en favorisant les communications et en mettant les différents acteurs ensemble.

moments difficiles

L’arrivée du Dr Gaétan Barrette à la tête du ministère de la Santé et l’adoption de sa loi 20 comptent parmi les moments les plus éprouvants des quatre dernières années pour le Dr Lalonde. « Les menaces et l’attitude du ministre ont agressé les médecins de famille et provoqué des traumatismes incroyables. »

À cause de la crise, des critiques ont par ailleurs surgi contre les organismes syndicaux. Des membres étaient en colère, se sentaient insultés, avaient peur. La situation a été difficile, reconnaît le Dr Lalonde. Et, en plus, la solidarité entre médecins s’est fissurée. « Il faudra travailler à la reconstruire. C’est l’un des prochains défis de l’association », estime le président sortant.

Néanmoins, le Dr Lalonde voit maintenant avec optimisme l’avenir de la médecine familiale. « Il faut cependant rester alerte. On a une commande de la société : être accessibles et prendre en charge adéquatement la population. » Mais les omnipraticiens doivent aussi s’assurer que l’on mette fin au manque d’effectifs. « C’est la clé, parce qu’il y aura toujours une grande pression s’il n’y a pas assez de médecins de famille. »

Le nouveau président : le Dr Sylvain Dufresne

Les membres de l’AMOSO ont élu comme successeur au Dr Lalonde, le Dr Sylvain Dufresne, qui était le vice-président de l’association depuis trois ans. Le médecin pratique à Vaudreuil-Dorion, au GMF-R des Trois Lacs où, depuis une dizaine d’années, il suit une clientèle variée : patients vulnérables et non vulnérables, personnes jeunes et âgées. Auparavant, le Dr Dufresne a exercé pendant une quinzaine d’années à l’urgence. Il a également travaillé à l’hôpital dans les unités de soins.

La priorité du nouveau président ? « Je veux être à l’écoute de mes membres. Après le temps des dénonciations des absurdités du système, le moment est venu de prendre l’initiative des changements qui sont nécessaires pour améliorer le fonctionnement de notre pratique. Il faut écouter les membres, écouter les solutions venant du terrain, les adapter et les diffuser. » //