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Association de Laurentides-Lanaudière

comment choisir le meilleur DME ?

Élyanthe Nord  |  2021-12-21

Quel est le meilleur dossier électronique (DME) ? Pour le savoir, l’Association des médecins omnipraticiens de Laurentides-Lanaudière (AMOLL) a mis sur pied un comité. La conclusion : « Toutes les solutions de DMÉ certifiées sont de bons choix. » Le rapport du groupe de travail va cependant plus loin pour aider les médecins à trouver le meilleur DME (bit.ly/3dyl8d5).

Dre Lyne Couture

Quelles caractéristiques faut-il rechercher ? « Le DME idéal varie d’une personne à l’autre, d’un groupe de médecins à l’autre, mais en gros certains points semblent émerger. On s’est inspiré entre autres du sondage que l’on a fait l’an dernier auprès des médecins de la région », a expliqué la Dre Lyne Couture, présidente du comité sur les DME, qui présentait le rapport du groupe à l’assemblée générale de l’AMOLL.

« On souhaite que notre DME soit intuitif, donc facile à employer, qu’il nous permette d’être autonome et qu’il soit stable, c’est-à-dire qu’il ne plante pas toujours, a indiqué l’omnipraticienne. Les formats de travail doivent être adaptables, c’est-à-dire que si vous voulez utiliser trois écrans au bureau, mais que la fin de semaine vous désirez regarder vos résultats de labo sur votre tablette, que vous le puissiez le faire. »

Il est aussi souhaitable que le DME possède des outils de suivi systématique, que ce soit pour faciliter les grands dépistages ou pour suivre un patient en particulier. Les gabarits et les formulaires doivent être intelligents, c’est-à-dire se préremplir.

La téléconsultation est, par ailleurs, devenue un in­contour­nable. « Il faut donc qu’elle soit conviviale : facile pour vous et pour le patient », a mentionné la Dre Couture. Un autre outil important est le portail patient pour envoyer à ce dernier des documents de façon sécurisée. La migration des données constitue un autre point auquel on doit penser. « Quand vous changez de DME, il faut que ce soit aisé et que vous ne perdiez rien », a souligné la Dre Couture.

DME infonuagiques

Le monde des DME évolue très rapidement. L’an dernier, quand le comité a effectué son sondage auprès des membres de l’AMOLL, les trois quarts des répondants employaient Kinlogix et Toubib, deux logiciels appelés à disparaître. « Pourquoi ? Parce que l’avenir est à l’infonuagique », a indiqué la médecin.

Le comité n’a donc évalué que les dossiers électroniques qui permettent d’accéder aux fichiers, aux logiciels et aux serveurs par l’entremise d’appareils connectés à Internet, comme les ordinateurs, les téléphones intelligents ou les tablettes. Il y en avait quatre :

h Medesync (de Telus Santé)

h Omnimed (d’Omnimed)

h Myle (de MEDFAR Solutions cliniques)

h Ofys (de Logiciels Info-Data).

Résultat de l’analyse ? « Chacun des DME étudiés a ses propres forces, mais tous sont adéquats et répondent aux standards imposés. C’est donc plutôt une question de préférence de la part des médecins et de conditions qui orientent le choix », indique le rapport.

Pour chacun des logiciels, le comité a relevé trois particularités qu’il a jugé très intéressantes après avoir rencontré les fournisseurs, utilisé le DME et analysé ses caractéristiques :

Medesync

Medesync est adaptable. « On peut travailler en multiécran ou en multi-image », a expliqué la Dre Couture. Son onglet photo est par ailleurs bien fait. « Si vous avez pris une photo la semaine passée et une autre cette semaine, vous pouvez les superposer et les annoter. » Son outil pour la télémédecine est également simple à utiliser : « Vous n’avez pas besoin de télécharger d’application. »

Myle

« La philosophie de Myle, c’est ‘’tout sur une page’’. Tout est là, convivial, avec les icônes spécifiques. C’est une approche différente. C’est la raison pour laquelle on vous conseille de bien déterminer ce que vous aimez », a mentionné aux médecins la présidente du comité. Les gabarits de texte de Myle sont par ailleurs cliquables et personnalisables. L’utilisateur peut donc créer des modèles adaptés à ses besoins. « Ceci permet d’améliorer, avec l’expérience d’utilisation du logiciel, la rapidité et l’efficacité lors de l’entrée de notes », indique le rapport du comité. Le DME offre également un outil d’analyse poussé qui permet d’extraire des données médicales et administratives pour faire de la recherche ou faciliter la gestion.

Ofys

L’avantage d’Ofys, c’est sa rapidité. Il offre ainsi la fonction « info-bulle ». « Quand vous passez le curseur sur l’icône, vous pouvez voir la dernière note ou le dernier rapport de laboratoire sans avoir à les ouvrir », a expliqué la Dre Couture. Le logiciel a également réduit le nombre de clics nécessaires. En un seul clic, on peut, par exemple, importer temporairement toutes les données du DSQ de tous les dossiers de la journée. L’outil de télémédecine se met aussi en marche rapidement. « Deux clics pour vous et deux clics pour le patient, et c’est parti ! »

Omnimed

« Le grand trait distinctif d’Omnimed, c’est le dossier patient unique. Vous êtes à Legardeur, et votre patient consulte à Mont-Laurier un médecin qui emploie lui aussi Omnimed. Vous aurez alors accès à la note de ce dernier, parce que c’est le même dossier que vous partagez. Vous pouvez également voir toutes les notes des différents spécialistes qui utilisent Omnimed », a précisé la clinicienne.

Omnimed permet, en outre, le partage de gabarits au sein de la clinique, tout comme à l’extérieur avec tous les usagers d’Omnimed. « Vous pouvez aller chercher les outils, s’ils sont partageables, d’un rhumatologue ou d’un autre médecin de famille. »

Le logiciel offre par ailleurs la possibilité d’avoir des données cliniques structurées et protocolisées. « Il est donc possible de créer des gabarits dans lesquels les réponses sont intégrées dans des algorithmes. Par exemple, vous pouvez utiliser un gabarit de diagnostic avec réponses cliquables pour trier des patients », indique le rapport.

Comparaison entre les dossiers médicaux électroniques

L’un des points forts du rapport du comité sur les DME est son grand tableau comparant les caractéristiques et les fonctionnalités des quatre logiciels. Un outil qui peut être utile. « Vous faites venir un représentant d’un fournisseur de DME qui vous parle, par exemple, de la présence d’un portail patient. Cela semble merveilleux. Mais vous allez voir sur le tableau qu’ils en ont tous. La question est plutôt : comment ce portail se distingue-t-il de celui des autres logiciels ? », a expliqué la Dre Couture.

Et les prix ? « Ils varient d’un DME à l’autre, mais se ressem­blent quand même. Il faut savoir quels sont vos besoins. Il y a des fournisseurs qui offrent un tout inclus. D’autres proposent le forfait A, B ou C. Et avec d’autres encore, tout est à la carte », a mentionné l’omnipraticienne.

Il existe par ailleurs la possibilité d’obtenir un prix de groupe, a découvert le comité. « Ce que l’on a pu dégager, c’est que l’union fait la force. Les fournisseurs sont ouverts à l’idée de baisser les prix, si vous êtes plusieurs médecins à acheter un DME en même temps. »

Comment s’organiser pour bénéficier de cette possi­bilité ? « L’AMOLL offre sur son site Internet un babillard (amoll.org/babillard). Vous pouvez y inscrire un message précisant le logiciel que vous voulez acheter et la date à laquelle vous comptez l’acquérir. Ce peut être un beau lieu d’échange pour maximiser nos gains et limiter nos pertes. » Les médecins des autres régions peuvent aussi participer à ce regroupement en écrivant à : communication@amoll.org. //