Nouvelles syndicales et professionnelles

Conseil de la FMOQ

d’importants changements en 2024

Élyanthe Nord  |  2023-12-14

Dr Amyot

Maintenant que le projet de loi no 15 a été adopté, que va-t-il se passer ? Qu’est-ce que cela changera pour les médecins de famille ? « Tout reste à faire dans la mise en place de Santé Québec. On va devoir être très vigilant », a averti le Dr Marc-André Amyot, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), au conseil de décembre.

Sur le plan syndical, les questions sont nombreuses. « Avec qui seront négociées les ententes ? Avec Santé Québec ou avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ? De quoi s’occupera Santé Québec et qu’est-ce qui restera au ministère ? On ne le sait pas encore. »

La FMOQ est intervenue sur différents plans pour que certains aspects du projet de loi soient modifiés. « Dans sa forme initiale, le projet de loi no 15 constituait une atteinte sans précédent à notre autonomie professionnelle, a rappelé le président. Nos démarches ont mené à un résultat satisfaisant, même s’il n’est pas parfait. On a notamment tenté le plus possible de redonner aux conseils des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) leurs pouvoirs en travaillant conjointement avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec et l’Association des CMDP du Québec. Malheureusement, on n’a pas réussi à récupérer toutes leurs fonctions, mais on pense avoir été chercher le maximum. »

Dans les médias, le Dr Amyot s’est montré sceptique sur la capacité de la nouvelle loi à régler les problèmes du système de la santé. « J’ai mentionné que je considérais qu’elle était surtout une autre réforme de structure. Cela dit, nous nous devons de collaborer avec le ministère à la mise en place de Santé Québec. S’il y a des améliorations possibles à apporter au réseau, il faut que nous y contribuions. Nous devons continuer à faire partie de la solution. »

Un nouveau modèle d’organisation des soins

Dr Dion

Dans l’organisation des soins de première ligne, d’importants changements arrivent. La FMOQ a réfléchi à un nouveau modèle à partir des nombreuses consultations qu’elle a menées auprès de ses membres. « On avait demandé à chacune des associations de réfléchir au modèle d’organisation idéal pour offrir davantage de services à la population », a expliqué le Dr Amyot. La Fédération a également organisé des ateliers sur ce sujet au conseil de mai 2023, effectué un sondage parmi ses membres et recueilli les commentaires des médecins lors de la dernière tournée provinciale du président.

La FMOQ a présenté une première version au ministère. « Le MSSS souscrit en grande partie à notre vision. Nous allons continuer ensemble les travaux pour déterminer un modèle conjoint. Dès que nous serons d’accord sur une direction commune, nous allons revenir vers vous. » Dans les associations, les présidents vont présenter le premier jet de la Fédération à leurs membres.

Même si l’application du nouveau modèle ne sera pas immédiate, elle ne tardera pas. La mise en œuvre se fera un peu comme celle de l’entente sur l’accessibilité. « On s’est ajusté en fonction de vos commentaires et de la réalité du terrain, a mentionné le président aux délégués. Dans ce cas-ci aussi, on va améliorer le modèle au fur et à mesure. Si l’on attend d’avoir un modèle parfait, dans dix ans, rien n’aura changé. On va donc commencer à mettre les changements graduellement en place et s’adapter. »

L’entente sur l’accessibilité, elle, semble bien fonctionner. Le nombre de patients inscrits collectivement atteint maintenant 850 000.

Renouvellement de l’accord-cadre

La FMOQ va bientôt commencer à négocier le renouvellement de son accord-cadre. Son cahier des demandes va reposer sur plusieurs principes :

  • la valorisation de la médecine familiale ;
  • la réduction de l’écart de rémunération entre les médecins de famille et les autres spécialistes ;
  • la survie des cabinets privés ;
  • une hausse de rémunération pour tous les omnipraticiens.

La Fédération aura également certaines priorités, tout comme le MSSS. « Souvent, nos priorités se rejoignent. Là où il y a des divergences, c’est généralement sur l’importance qu’on leur accorde. Ce sera un long processus », a prévenu le Dr Amyot.

Les enjeux des prochaines négociations seront cruciaux : notamment, le manque d’attractivité de la médecine familiale pour les étudiants en médecine, l’exode des omnipraticiens vers le secteur privé, la retraite prématurée des médecins de famille et les difficultés de la pratique.

Le cahier des demandes de la Fédération aura été rédigé après de nombreuses consultations. Ainsi, au conseil de septembre 2023, les délégués ont proposé, lors d’ateliers, les améliorations à négocier. Ensuite, tous les comités de la FMOQ — urgence, périnatalité, jeunes médecins enseignants, etc. — ont été sollicités. Chacune des associations a aussi été consultée sur ses priorités. « Le comité sur le renouvellement de l’Entente a recueilli toutes ces infor­mations, et nous nous en inspirerons pour la suite. »

Autres dossiers de 2024

Délégués

Quels autres dossiers attendent les médecins de famille en 2024 ? Un groupe de travail de la FMOQ est en train de se pencher sur la situation des cliniques privées. « Nous voulons trouver des solutions concrètes pour les soutenir davantage et nous assurer qu’elles ne deviennent pas la propriété de non-médecins. Nous avons demandé qu’un rapport soit déposé en 2024, parce qu’il y a une certaine urgence », a indiqué le Dr Amyot.

La Fédération va également se pencher sur le recours possible à des médecins suppléants (locum). Une suggestion du comité des jeunes médecins. « Le conseil d’administration a pris la décision d’aller de l’avant et d’évaluer la faisabilité de leur recommandation. »

Pour terminer, la FMOQ compte effectuer, au cours de la nouvelle année, une planification stratégique. « On doit savoir où en est actuellement la Fédération, où l’on veut être dans cinq ans et quel est le processus pour y arriver. Nous allons consulter nos membres et les organisations partenaires. » //

encadré conseil

Augmentation de la cotisation

La cotisation syndicale passera de 1988 $ à 2225 $. La partie remise aux associations, qui était de 383 $, elle, atteindra 475 $. « Nous allons envoyer plus d’argent aux associations », a expliqué la secrétaire-trésorière, la Dre Josée Bouchard.

Le comité sur le financement des associations a conclu, à la suite de ses travaux, qu’il était nécessaire d’augmenter les versements aux associations. « La FMOQ leur demande de plus en plus de travail. On croit à l’importance de l’engagement régional », a affirmé le DAmyot.

La hausse de la cotisation syndicale est également due à différents facteurs, comme un ajustement de la compensation du temps de déplacement des médecins qui participent aux différentes réunions de la FMOQ, l’embauche de nouveaux employés à la Fédération et l’effet important de l’inflation sur les coûts d’exploitation. Les omnipraticiens n’ont par ailleurs plus à payer une contribution supplémentaire de 100 $ pour le partenariat avec le Grand Défi Pierre Lavoie, a souligné un membre du conseil d’administration. Le versement est fait depuis trois ans par la Fédération à même son budget général.