Nouvelles syndicales et professionnelles

Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS)

les résultats en médecine familiale stagnent, malgré les efforts

Élyanthe Nord  |  2024-03-21

Anne-Louise Boucher

Cette année, au premier tour du jumelage des étudiants de médecine avec les postes de résidence offerts dans les universités du Québec, 83 % des places en médecine familiale ont été pourvues. Ainsi, jusqu’à présent, 425 des 512 postes ont trouvé preneur, ce qui laisse 87 places vacantes (encadré)*.

Ces résultats ne sont que légèrement meilleurs que ceux des quatre dernières années où, chaque fois, seulement 80 % des postes avaient été pourvus au premier tour. « On fait du surplace malgré le fait que, cette année, beaucoup de travaux sur la valorisation de la médecine familiale ont été effectués », affirme la Dre Anne-Louise Boucher, directrice de la Planification et du Développement organisationnel, à la FMOQ.

 

L’une des initiatives sur lesquelles comptaient la Fédération et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour intéresser les étudiants à la médecine familiale consistait en une série de cinq webinaires présentés à l’automne aux étudiants en médecine. Des thèmes comme les perspectives d’avenir en médecine familiale, la conciliation travail-famille, la polyvalence, la collaboration interprofessionnelle et la relation longitudinale entre le patient et le médecin de famille y étaient abordés.

« Même s’il ne les a pas organisés, le comité de valorisation de la FMOQ était présent à ces webinaires. Il s’agissait d’une grosse campagne de promotion de la médecine familiale. On pensait qu’elle donnerait des résultats », indique la Dre Boucher.

La Fédération et le ministère avaient également fait différents efforts pour rendre l’omnipratique plus attrayante. Sur le plan de la pratique, ils ont commencé à s’attaquer au problème des formulaires à remplir. En ce qui concerne les plans régionaux d’effectifs médicaux, ils en ont facilité le processus. « Beaucoup d’éléments se sont améliorés durant la dernière année. »

Des gestes nuisibles

Pendant l’hiver, toutefois, tout a basculé. Le climat entre les médecins de famille et le MSSS s’est dégradé. « Durant les derniers mois, nous avons reçu du ministre de la Santé des messages politiques de contraintes et de resserrement de la pratique médicale, notamment avec les règlements du projet de loi 11. Toutes ces déclarations et mesures sont sorties avant que les résidents fassent leur choix de postes. Elles ont probablement effacé tous les petits gains qui ont pu être faits grâce aux travaux de valorisation de notre profession », déplore la directrice.

Qu’en sera-t-il au deuxième tour du jumelage des résidents ? « Les étudiants en médecine qui n’ont pas obtenu le choix qu’ils désiraient feront-ils les démarches pour avoir l’un des postes vacants en médecine familiale ? Attendront-ils plutôt un an pour recommencer le processus de jumelage ? On le saura à la fin avril », mentionne la Dre Boucher.

Il est par ailleurs possible de rêver à de meilleurs jours pour la médecine familiale. Ainsi, en 2019–2020, 92 % des postes en médecine familiale avaient été pourvus dès le premier tour. Au second tour, la proportion a grimpé à 95 %.

* Les données ne comprennent pas les postes du campus de Moncton de l’Université de Sherbrooke