Au cours des trois dernières années, nos CHSLD ont été au cœur de l’actualité, malheureusement pour des raisons tragiques. Toutefois, il est ressorti un rare élément positif de ce drame : on reconnaît désormais davantage l’importance de traiter nos aînés et les personnes les plus vulnérables de notre société avec dignité et d’y consacrer les ressources nécessaires. Ce numéro est dédié à tous les résidents de CHSLD, à ceux qui nous ont quittés pendant cette pandémie, mais également à ceux qui ont survécu à la tempête.
Mme Hubert a été admise en CHSLD il y a trois semaines en raison d’une grande perte d’autonomie liée à son trouble cognitif et à ses multiples maladies concomitantes. L’infirmière auxiliaire mentionne au médecin qu’elle se plaint constamment de son « cocktail de pilules » qu’elle prend matin et soir. Le pharmacien est sur place aujourd’hui. Quel bon moment pour discuter de la rationalisation des médicaments !
Les milieux de soins de longue durée répondent simultanément aux besoins d’hébergement et de soins médicaux d’une clientèle vulnérable. Comment approcher les urgences dans cet environnement hybride ? En équilibre entre les considérations de survie et de confort des patients, le traitement des problèmes urgents peut devenir fort complexe.
Mme Hubert arrive aux urgences tard dans la nuit. Elle souffre d’une pneumonie avec surcharge. Son séjour de 48 heures est difficile. Elle présente des périodes d’agitation et fait une chute de sa civière. Après un traitement diurétique, des antibiotiques par voie intraveineuse et de l’oxygène, elle retourne au CHSLD. Dans la trajectoire de soins de Mme Hubert, quels sont les défis et les pistes de solution ?
Mme Hubert s’est péniblement rétablie de sa pneumonie. Un nouveau médecin, le Dr Miranda, prend en charge les patients de son étage. Un choc ! Ils sont si malades. Beaucoup ont des troubles cognitifs. Pas un seul qui ne représente pas l’équivalent d’une encyclopédie médicale. Et ces niveaux d’intervention médicale ! A, B, C, D. Ne devraient-ils pas tous être de niveau C ou D ? Comment gérer tout cela ?
Après quatorze mois au CHSLD, Mme Hubert est décédée doucement et sans souffrance grâce aux interventions de toute l’équipe et de ses proches. Le Dr Miranda doit maintenant remplir le bulletin de décès. Il n’a pas eu beaucoup de formation sur cette partie de son travail au cours de sa résidence. Que doit-il écrire comme cause de décès ?
Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) figurent parmi les médicaments les plus utilisés et les plus coûteux pour la RAMQ. En plus d’être franchement efficaces pour soulager les symptômes associés au reflux gastro-œsophagien et aux ulcères peptiques, ils présenteraient peu d’effets indésirables. Toutefois, de 40 % à 65 % des ordonnances d’IPP en pratique seraient inappropriées1,2.
Le thème de ce numéro du Médecin du Québec nous offre une nouvelle occasion de présenter des applications qui peuvent s’avérer utiles pour les personnes âgées.