Nouvelles syndicales et professionnelles

Tournée provinciale du nouveau président

nord-ouest du Québec

Élyanthe Nord  |  2022-09-28

Le nouveau président de la FMOQ, le Dr Marc-André Amyot, a commencé sa tournée du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Le 10 septembre dernier, il s’est rendu à La Sarre rencontrer les membres de l’Association des médecins omnipraticiens du nord-ouest du Québec.

Dans l’ensemble du Québec, les guichets d’accès à la première ligne (GAP) semblent en moyenne bien orienter les patients : 50 % des personnes qui y appellent sont dirigées vers un médecin et 50 %, vers un autre professionnel de la santé ou sont aidées autrement. C’était le pourcentage prévu.

Dr Amyot

« Pourquoi 50 % ? D’après l’expérience du Bas-Saint-Laurent, sur cent patients du guichet d’accès à un médecin de famille, soixante téléphonent au GAP chaque année. De ce nombre, trente sont dirigés vers un médecin de famille et trente, vers un autre professionnel de la santé », a expliqué le Dr Marc-André Amyot, président de la FMOQ au cours de l’assemblée générale annuelle de l’Association des médecins omnipraticiens du nord-ouest du Québec.

En Abitibi-Témiscamingue, cependant, les données sont différentes. Ainsi, 62 % des gens qui font appel au GAP sont orientés vers un médecin de famille. Et dans plusieurs régions, ce taux atteint 71 %, 73 % et même 89 %.

« À 89 %, un voyant rouge s’allume sur notre tableau de bord, a affirmé le Dr Amyot. La région concernée n’est pas dif­fé­rente des autres, et les patients n’y ont pas plus de besoins médicaux. Ce territoire manque-t-il de services pour prendre en charge les patients ? Le triage est-il déficient ? Au moins, on sait qu’il y a un problème. Ce GAP et ceux qui ont de la difficulté vont bénéficier d’un accompagnement. » Il y a par contre des régions où les guichets sont très efficaces. Certains dirigent jusqu’à 75 % des patients vers d’autres professionnels de la santé ou les aident autrement.

Techniquement, toutefois, le système a parfois des ratés. « Il arrive, par exemple, que le GAP ne voie pas les plages qu’offrent les médecins, et on ignore pourquoi. Mais il ne faut pas le rejeter du revers de la main. Il va s’améliorer à mesure qu’on va l’utiliser. Il faut se souvenir qu’il s’agit d’une solution mise en place pour aider la population. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a d’ailleurs beaucoup investi dans cette nouvelle structure. Il a engagé non seulement des réceptionnistes, mais aussi des infirmières, alors que le réseau de la santé en manque. Le GAP permet par ailleurs de ne pas faire reposer l’accès à la première ligne uniquement sur les épaules des médecins de famille », a indiqué le président.

Inscription collective

Du côté de l’inscription collective, les données sont encourageantes. La première cible de 250 000 patients inscrits collectivement, qui avait été fixée au 31 juillet dernier, est depuis longtemps dépassée. « On a maintenant inscrit 300 000 personnes », a affirmé le président de la FMOQ. L’objectif est d’étendre la mesure à 500 000 personnes d’ici le 31 mars 2023.

La FMOQ se prépare à la prochaine étape : 375 000 patients inscrits collectivement au 31 décembre. « On va demander à toutes nos associations quels sont leurs plans pour atteindre cette nouvelle cible », a mentionné le Dr Amyot. Elles disposent d’une certaine marge de manœuvre. Ainsi, plusieurs de leurs GMF pourraient se prévaloir des avantages financiers prévus dans la nouvelle entente sur l’accès aux soins de première ligne. « Certains GMF offrent 1200 plages d’accès populationnel dans le cadre de la mesure 8.4 du programme GMF, mais ont seulement pris 200 patients dans le cadre de l’inscription collective », a indiqué le président.

Certains nouveaux patients inscrits collectivement semblent par ailleurs un peu confus concernant le fonctionnement du nouveau système. Certains appellent directement au GAP, et parfois même dans les cliniques, pour avoir des explications, ce qui surcharge les lignes téléphoniques. « Le ministère est en train de concevoir, avec notre collaboration, un dépliant pour accompagner les lettres qui annoncent aux patients qu’ils bénéficient de l’inscription collective. On essaie également de voir comment on peut, dans les médias, bien informer ces patients sur la manière de consulter. »

Les médecins, de leur côté, peuvent eux aussi avoir des questions concernant l’inscription collective. La section Foire aux questions de la FMOQ pourra les aider. « Chaque fois que vous nous avez demandé une clarification ou que vous nous avez adressé une question, on en discutait avec le ministère et on inscrivait la réponse dans le site », a précisé le Dr Amyot.

Accès rapide pour les urgences

L’entente sur l’accessibilité encourage aussi les omnipraticiens à offrir un accès rapide à leurs propres patients pour les urgences ou les semi-urgences. Pour avoir droit au forfait prévu, ils doivent accorder un certain pourcentage de leur rendez-vous en moins de 72 heures, dont le tiers en moins de 36 heures. La proportion de ces visites doit augmenter graduellement pour atteindre les cibles fixées :

h du 1er juin au 1er septembre : 10 % des consultations ;

h du 1er septembre au 1er décembre : 15 % des consultations ;

h du 1er décembre au 1er mars : 20 % des consultations ;

h après le 1er mars : 30 % des consultations.

L’orchestrateur n’a par ailleurs pas pu mesurer le nombre de ces visites au cours du premier trimestre. « Si vous atteignez l’objectif du deuxième trimestre, c’est-à-dire 15 % de vos rendez-vous en 72 heures ou moins, on considérera que vous avez aussi atteint la cible du premier trimestre », a annoncé le Dr Amyot.

L’entente sur l’accès aux soins de première ligne prendra fin en juin 2024. Qu’arrivera-t-il après ? Comme l’accord-cadre actuel se termine le 31 mars 2023, les prochaines négociations se pencheront bientôt sur différentes avenues, dont peut-être la capitation.

Assemblée

« Le 1er octobre, au cours de la réunion du Conseil général, des ateliers avec les délégués syndicaux sont prévus pour l’élaboration du cahier des demandes en vue du renouvellement de l’accord-cadre. C’est là que l’on dressera la liste de nos priorités », a annoncé le président. Des tournants pourraient être proposés. //