Éditorial

Les douze travaux de la FMOQ

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Marc-André Amyot  |  2022-12-20

Peut-être avez-vous profité de la pause des Fêtes pour regarder en famille un classique du répertoire de Ciné-cadeau, dont Les douze travaux d’Astérix ? À l’instar de ces valeureux personnages fantastiques, la FMOQ aura elle aussi à effectuer d’importants travaux en 2023, voire à poser de nouveaux jalons. En effet, plusieurs dossiers clés seront sur la table à brève échéance.

Des dossiers qui auront des répercussions importantes sur la pratique de la médecine familiale au cours des prochaines années et sur notre organisation. Si nous ne possédons pas la recette de la potion magique, nous disposons d’atouts pouvant nous donner confiance pour la suite : une expertise médicale unique, une force syndicale indéniable et une volonté ferme de faire partie de la solution. Fort de ces qualités, j’ai la conviction que nous sommes en mesure de relever les défis qui nous attendent, toujours dans un esprit de collaboration et, bien entendu, en prenant en considération notre capacité à prodiguer des soins, la grave pénurie d’effectifs médicaux et les limites actuelles du système.

Les grands travaux de 2023

Voici une liste des principaux travaux qui tiendront la Fédération et ses représentants bien occupés au cours de l’année à venir (dans le désordre) :

1. valorisation, attractivité et avenir de la médecine familiale ;

2. mieux-être des médecins et équilibre travail–vie personnelle ;

3. atteinte des cibles de l’Entente sur l’accès aux soins de première ligne et poursuite de ses différents chantiers ;

4. rehaussement du programme des GMF, y compris des avancées intéressantes, notamment en matière d’embauche ;

5. renouvellement de l’accord-cadre et négociations avec le gouvernement ;

6. discussion prévue au sujet d’une révision du mode de rémunération (par capitation) et d’une réduction des écarts avec nos collègues spécialistes et omnipraticiens canadiens ;

7. préparation d’un plan d’action sur les difficultés en première ligne et sur les pistes de solution sous-jacentes, notamment pour la réduction de la paperasse ;

8. mise en valeur du modèle de pratique unique des médecins de famille québécois, de leur polyvalence et de leur contribution en deuxième ligne ;

9. dénonciation de la pénurie d’effectifs médicaux et accroissement des cohortes d’étudiants dans les facultés de médecine ;

10. collaboration interprofessionnelle accrue, dans le respect des champs de compétence et de l’expertise des différents acteurs ;

11. militantisme en faveur d’investissements majeurs en santé mentale et dans les soins aux aînés et du recrutement de personnel ;

12. défense de l’autonomie professionnelle et posture ferme contre toute action coercitive et discriminatoire envers les médecins.

Tout au long de l’année, nous vous consulterons sur ces sujets, nous vous tiendrons informés et nous solliciterons votre participation. Nous traiterons chacun de ces dossiers dans l’intérêt des médecins de famille, en gardant toujours à cœur les besoins de la population et l’accès universel à des soins de qualité.

Diminution de la paperasse : 18 000 heures potentielles à libérer

À l’automne, la FMOQ s’est exprimée dans les médias à plusieurs reprises au sujet de la lourdeur administrative que subissent les médecins. Dans l’article « Fléau de la paperasse : les médecins de famille en ont assez de remplir des papiers d’assurances* », j’y relevais que cette facette représente près du quart du temps de pratique, ce qui est évidemment beaucoup trop. En réduisant ce fardeau de deux heures en moyenne par semaine par médecin, ce qui nous semble plutôt réaliste, nous pourrions offrir environ 18 000 heures supplémentaires en service direct à la population. De concert avec nos partenaires, nous devons impérativement renverser cette tendance qui s’accentue depuis trop longtemps. D’ailleurs, deux comités de travail mandatés par la FMOQ ont réfléchi à des pistes de solution concrètes que nous comptons mettre de l’avant rapidement. Parmi celles-ci, notons la standardisation ou l’abolition de certains formulaires, la révision de plusieurs règles administratives ainsi que le partage de responsabilités avec d’autres professionnels.

Les travaux de 2023 s’annoncent imposants, en plus des enjeux structuraux déjà existants et des obstacles quotidiens. Toutefois, nous possédons des atouts majeurs pour réussir et nous proposons des pistes de solution efficaces. Continuons positivement sur notre erre d’aller. Ensemble, nous y parviendrons !

 

Le 15 décembre 2022

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Le président,
Dr Marc-André Amyot