|
La Dre Dominique Biron, omnipraticienne, est membre de liaison du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). La Dre Chantal Sauvageau, spécialiste en santé publique et médecine préventive, est médecin-conseil à l’INSPQ et membre active du CIQ. La Dre Yen-Giang Bui est membre du Groupe sur l’acte vaccinal et membre de liaison du CIQ. |
Geneviève, 36 ans, et Charles, 34 ans, aimeraient aller dans le Sud cet hiver. Geneviève est enceinte de neuf semaines. Ils ont reçu leurs vaccins durant l’enfance et à l’école. Leur fille de 16 mois, Anaïs, a reçu tous ses vaccins jusqu’à 1 an. Ils souhaitent votre avis sur le choix d’une destination, les vaccins recommandés (tableau) et le risque de malaria. Où trouver des informations fiables pour bien les conseiller ?
Le Guide d’intervention santé-voyage réunit les principaux risques et recommandations par pays, incluant les recommandations vaccinales. Il doit être utilisé en conjonction avec le Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) pour les indications particulières aux voyageurs.
La consultation prévoyage est l’occasion de vérifier la vaccination de base de tous vos patients, notamment leur protection contre la rougeole.
Les autres vaccins (fièvre typhoïde, fièvre jaune, etc.) ne sont généralement pas requis pour un séjour dans une station balnéaire. Le vaccin DUKORAL® offre une protection croisée contre la diarrhée des voyageurs (DV) causée par E. coli entérotoxinogène (ECET), mais son utilisation systématique n’est pas recommandée, puisque la protection contre la DV est de 6 % globalement, ce syndrome pouvant être causé par d’autres pathogènes que ECET.
Il pourrait être préférable que Geneviève ait atteint son 2e trimestre de grossesse avant de voyager. Le choix d’une destination sans risque pour une femme enceinte est problématique, car la plupart des régions tropicales comportent un risque variable de dengue, de chikungunya ou de maladie à virus Zika pouvant avoir des effets délétères sur l’enfant à naître. Depuis 2023, des éclosions de fièvre d’Oropouche ont sévi notamment au Brésil et à Cuba. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) a publié des recommandations concernant les femmes enceintes et celles qui prévoient une grossesse. Le risque de paludisme est quasi nul dans la plupart des destinations soleil, l’exception étant la République dominicaine, où des cas sporadiques sont survenus. Les mesures de protection contre les piqûres d’insectes doivent être rigoureusement respectées pour toutes les destinations tropicales.
Le virus chikungunya sévit dans plusieurs pays, et un vaccin vivant atténué très immunogène, IXCHIQMC, est disponible. La surveillance internationale a permis de relever des effets indésirables graves, dont quelques décès de personnes âgées atteintes de comorbidités. Au Québec, le vaccin est contre-indiqué chez les 65 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes. Il peut être envisagé chez les 18 à 64 ans qui voyagent dans des régions touchées par une éclosion de chikungunya, après une discussion des risques-avantages avec le voyageur.
Où trouver un rendez-vous ? Clic Santé rassemble les ressources en santé-voyage au Québec.
