L’intelligence fragile de GPT-5 en médecine
Nature Medicine
Le recours au nouveau modèle d’intelligence artificielle (IA) GPT-5 d’OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, demeure risqué dans un contexte médical, même si cette nouvelle version offre plusieurs avancées, conclut une équipe de chercheurs de l’Université Stanford, qui se base sur différentes études et divers tests de performance publics.
Malgré une baisse de 44 % des erreurs majeures par rapport à GPT-4o, l’ancien modèle principal d’OpenAI, GPT-5 continue d’« halluciner » et de fournir, avec aplomb, des réponses erronées à des questions cliniques. Pire, les mentions indiquant qu’il ne s’agit pas d’un avis médical disparaissent presque entièrement avec cette nouvelle version, et certaines règles de sécurité peuvent être contournées. Les chercheurs appellent à des garde-fous techniques – comme des tests poussés pour s’assurer que l’IA ne dérape pas – avant toute intégration clinique.
Handler R, Sharma S, Hernandez-Boussard T. The fragile intelligence of GPT-5 in medicine. Nat Med. 2025 ; DOI : 10.1038/s41591-025-04008-8
Temps d’écran et performances scolaires au primaire
JAMA Network Open
Une étude de cohorte ontarienne (TARGet Kids!) menée chez 3322 enfants en 3e année et 2084 en 6e année montre qu’un temps d’écran plus élevé, mesuré quelques années avant les tests (en moyenne vers 5,5 et 7,5 ans, respectivement), est associé à de moins bons résultats scolaires dans des tests provinciaux standardisés. Selon les chercheurs de l’Hôpital pour enfants malades (SickKids) de Toronto, chaque heure quotidienne supplémentaire de temps d’écran total est associée à une baisse d’environ 9 à 10 % des chances d’atteindre un niveau supérieur aux tests standardisés de lecture et de mathématiques en 3e année, et de mathématiques en 6e année.
Les auteurs rappellent qu’il s’agit d’associations observationnelles et que des facteurs de confusion pourraient expliquer les différences. Ils estiment néanmoins que des interventions précoces visant à limiter le temps d’écran, lesquelles doivent encore être élaborées et testées, pourraient être un levier d’intervention pour favoriser la réussite scolaire.
Li X, Keown-Stoneman CD, Omand JA et coll. Screen time and standardized academic achievement tests in elementary school. JAMA Netw Open. 2025 ; 8 (10) : e2537092. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2025.37092
Avec l’âge, cesser de fumer améliore la trajectoire cognitive
The Lancet Healthy Longevity
En combinant 18 ans de données issues de trois grandes cohortes provenant de 12 pays, des chercheurs du University College à Londres, au Royaume-Uni, ont analysé les trajectoires cognitives de 9436 fumeurs de 40 à 89 ans, dont la moitié avaient cessé de fumer.
Au cours des six ans précédant l’arrêt du tabagisme, les deux groupes présentaient un déclin comparable de la mémoire et de la fluidité verbale. Dans les six années suivant l’arrêt, la pente du déclin cognitif s’infléchit toutefois chez les ex-fumeurs : leur mémoire et leur fluidité diminuent plus lentement que chez les fumeurs persistants, avec un gain équivalant à jusqu’à trois années de vieillissement cognitif sur une période de six ans. L’effet est observé quel que soit l’âge à l’arrêt.
Bloomberg M, Brown J, Di Gessa G et coll. Cognitive decline before and after mid-to-late-life smoking cessation: a longitudinal analysis of prospective cohort studies from 12 countries. Lancet Healthy Longev. 2025 ; DOI : 10.1016/S2666-7568(25)00072-8
Prothèses auditives et démence : il vaut mieux agir tôt
JAMA Neurology
Une analyse des données de 2953 participants de l’étude de cohorte Framingham Heart Study ayant passé des tests d’audiométrie montre que porter un appareil auditif tôt est associé à une réduction du risque de démence. Chez les adultes de moins de 70 ans au moment de leur diagnostic de perte auditive, ceux qui utilisaient une prothèse auditive présentaient un risque de démence diminué de 61 % par rapport aux personnes malentendantes non appareillées (rapport de risque : 0,39 ; p = 0,03). L’ajustement pour certains facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral ou la scolarité ne changeait pas les résultats.
Au-delà de 70 ans, toutefois, aucun effet protecteur n’était observé, ce qui semble indiquer qu’un appareillage trop tardif n’infléchit plus la trajectoire cognitive. Les auteurs, conscients des limites de leur étude observationnelle, plaident pour une intervention précoce lors d’une perte auditive afin de réduire les risques de démence.
Francis L, Seshadri S, Dillard LK et coll. Self-reported hearing aid use and risk of incident dementia. JAMA Neurol. 2025 ; DOI : 10.1001/jamaneurol.2025.2713