Pénurie oblige, bien avant le déclenchement de la campagne électorale, la FMOQ avait déjà fait de l’attractivité de la médecine de famille sa priorité. À quelques jours du scrutin, le message demeure le même : le Québec ne peut améliorer durablement l’accès aux soins sans s’attaquer à la pénurie de médecins de famille.
Il en manque plus de 2000. La population augmente et vieillit, les patients sont plus complexes, le système est saturé, et près du quart des médecins de famille approchent de la retraite. Pendant ce temps, 100 postes de résidence en médecine de famille sont demeurés vacants cette année. Un record. Voilà le véritable signal d’alarme.
Bien sûr, nous devons continuer d’améliorer l’organisation des soins, le travail interprofessionnel, la pertinence et les outils technologiques. Mais aucune réorganisation ne peut compenser durablement un manque aussi important de médecins de famille.
Chaque étudiant que nous n’attirons pas vers notre discipline et chaque médecin de famille que nous ne retenons pas représentent autant de patients qui, pendant des années, n’auront pas accès à tous les soins dont ils ont besoin. Mais derrière les chiffres de la pénurie, il y a aussi des médecins de famille. Des femmes et des hommes dont la santé et le mieux-être doivent être une priorité, pour eux-mêmes comme pour notre capacité collective de soigner.
C’est pourquoi nous avons exigé que toute solution en santé impliquant les médecins de famille soit évaluée à l’aune de son effet sur l’attractivité et la rétention. Le Québec ne peut plus se permettre des mesures qui aggraveraient la pénurie qu’il tente de résorber. Commencer par là serait déjà beaucoup.
Merci d’avoir fait entendre votre voix
Au cours des dernières semaines, la Fédération a rencontré les partis politiques et leurs porte-paroles en santé. Vos présidents d’associations, vos délégués et plusieurs d’entre vous ont aussi rencontré des candidates et candidats partout au Québec.
Merci d’avoir été aussi nombreux à faire entendre votre voix.
La pénurie de médecins de famille a occupé une place importante dans le débat public. Des engagements ont été pris. Certains politiciens ont même reconnu publiquement qu’il fallait cesser de blâmer les médecins pour tous les maux du système. Nous nous en souviendrons.
Le 5 octobre, ce sera à chacune et chacun d’entre nous de voter. Chacun fera son choix en fonction de ses convictions et de ses priorités. Pour ma part, je vous invite à considérer attentivement les engagements susceptibles d’améliorer la capacité du Québec à attirer et à retenir des médecins de famille afin de mieux répondre aux besoins de la population.
Car la pénurie ne disparaîtra pas le lendemain du scrutin. Quel que soit le gouvernement élu, notre travail continuera dès le 6 octobre. Nous veillerons à ce que les engagements pris pour répondre à la pénurie de médecins de famille ne soient pas oubliés une fois la campagne terminée.
La modernisation du modèle prend forme
Parallèlement, les travaux se poursuivent sur le déploiement du modèle de rémunération composé en première ligne. Les échanges avancent sur les quantums, soit les montants associés aux différents paramètres du modèle, ainsi que sur la mise en œuvre du modèle par la RAMQ.
Nous savons que vous voulez comprendre concrètement ce que le modèle 50-30-20 changera pour vous, là, maintenant. Dans le cadre de la tournée des AGA, nous poursuivons les échanges avec vos présidents, les exécutifs d’associations et les membres, et leur présentons les paramètres du modèle à haut niveau.
Une vidéo explicative, des webinaires de questions-réponses et une foire aux questions évolutive suivront. Dès que les quantums seront connus, un simulateur de rémunération sera mis à votre disposition. Notre engagement demeure le même : vous communiquer une information précise, répondre à vos questions et vous accompagner dans cette transformation majeure.
Les travaux se poursuivent également pour les médecins en deuxième ligne et dans les pratiques spécifiques, notamment sur les modalités de décaissement des sommes consenties par le gouvernement. Nous n’oublions aucun secteur de pratique.
Cette transformation marque un tournant important. Elle devra mieux soutenir le travail d’équipe, favoriser la pertinence et contribuer, elle aussi, à rendre la médecine de famille plus attractive. Car au-delà d’un modèle de rémunération, d’une campagne électorale ou d’un gouvernement, l’enjeu demeure le même : donner à la médecine de famille les moyens d’être forte.
Forte pour attirer la relève.
Forte pour soutenir et retenir ceux qui la pratiquent.
Et forte pour mieux prendre soin d’un Québec qui en a bien besoin.
Bon vote à toutes et à tous !