Radar médical

Radar médical (octobre 2026)
Tour d'horizon de la recherche

Maxime Johnson | 1 octobre 2026

Télécharger cet article

Reproduction, adaptation ou distribution du PDF interdite.

Le Médecin du Québec propose chaque mois un aperçu d’études de tous horizons qui ont suscité son intérêt.

Activité physique et dépression périnatale

eClinicalMedicine

L’activité physique peut réduire les symptômes dépressifs pendant la période périnatale, selon une synthèse de 20 revues systématiques et méta-analyses d’essais cliniques avec répartition aléatoire. Dans la « méta-méta-analyse », l’activité physique en général était associée à une réduction modérée des symptômes dépressifs (différence moyenne standardisée [DMS] : -0,56 ; IC à 95 % : -0,93 à -0,19), avec un degré de certitude modéré.

Des effets bénéfiques ont aussi été observés avec l’activité physique de faible intensité (DMS : -0,52), d’intensité modérée (-0,43) ou combinant différentes intensités (-0,52). Le yoga (-0,55) et les activités mixtes (-0,54) seraient particulièrement bénéfiques. Les auteurs recommandent d’intégrer l’activité physique, y compris de faible intensité, à la prise en charge non pharmacologique de la dépression périnatale.

Mohr E, Ludwig-Walz H, Pieper D et coll. Physical activity and perinatal depression and anxiety: a global umbrella review and meta-meta-analysis. eClinicalMedicine. 2026 ; 98 : 104054. DOI : 10.1016/j.eclinm.2026.104054

 

Une neuroprothèse après une tétraplégie

Nature Medicine

Dans une étude menée chez un seul patient et dont les résultats ont été publiés dans Nature Medicine, une neuroprothèse combinant une interface cerveau-machine (ICM, un dispositif implanté directement dans le cerveau) et une stimulation ciblée du cerveau et de la moelle épinière a permis à un homme de 42 ans atteint d’une tétraplégie complète chronique de retrouver certaines capacités motrices et sensorielles.

L’ICM décodait notamment ses intentions de mouvement pour contrôler sa main en temps réel. Le participant a ainsi pu boire, manger seul et manipuler des objets fragiles. Certains gains ont persisté même lorsque le système n’était pas utilisé : après environ 35 semaines de stimulation de la moelle épinière, la force de flexion du coude avait suffisamment augmenté pour lui permettre de porter ses mains à son visage, ce qu’il ne pouvait pas faire auparavant. La sensibilité tactile du poignet s’est également améliorée, et ce gain s’est maintenu plus de deux mois après l’arrêt de l’intervention.

Chandrasekaran S, Wandelt SK, Jangam A et coll. A neuroprosthesis for restoring hand movement and sensation in a person with complete tetraplegia. Nat Med. 2026 ; 32 : 2591-2601. DOI : 10.1038/s41591-026-04498-0

 

Agonistes opioïdes et risque de mortalité

The Lancet Public Health

Chez les personnes recevant un traitement par agonistes opioïdes (TAO), les périodes sous TAO sont associées à un risque de mortalité nettement inférieur à celui observé pendant les périodes hors traitement, selon une étude de cohorte rétrospective française regroupant 175 191 personnes. À un an, le risque de décès toutes causes confondues était inférieur de 59 % pendant les périodes sous TAO par rapport aux périodes hors traitement (rapport de risque instantané ajusté : 0,41 ; IC à 95 % : 0,37–0,44). Cette association persistait après 2, 5 et 7 ans de suivi.

Une diminution du risque a aussi été observée pour plusieurs causes de mortalité, notamment les blessures ou intoxications, les décès liés aux drogues, les surdoses accidentelles, certaines causes infectieuses et le suicide. Les auteurs soulignent toutefois que, puisqu’il s’agit d’une étude observationnelle, des facteurs de confusion résiduels ne peuvent être exclus.

Dupouy J, Druel V, Verges Y et coll. Opioid agonist treatment and risk of mortality in French primary care: a nationwide, retrospective cohort study. Lancet Public Health. 2026 ; 11 (7) : e449-e456. DOI : 10.1016/S2468-2667(26)00095-2

 

Diabète et santé buccodentaire : des associations dans les deux sens

The Lancet Public Health

Le diabète et la santé buccale entretiennent, dans certains cas, une relation bidirectionnelle, selon une revue systématique avec méta-analyse de 28 études longitudinales regroupant plus de 300 000 participants dans 16 pays. La présence de parodontite est associée à une hausse de 18 % à 25 % du risque de diabète de type 2 lors de suivis de 5 à 20 ans. Le diabète est quant à lui associé à une incidence accrue de parodontite (risque relatif [RR] : 1,28).

Des associations bidirectionnelles ont également été observées en ce qui concerne la perte de dents, laquelle est associée à un risque de diabète de type 2 de 12 % à 20 % plus élevé, selon le degré de perte dentaire. Inversement, le diabète est associé à une hausse de 9 % du risque de perte de dents (rapport de risque instantané : 1,09), mais ce résultat repose sur une seule étude. Les auteurs estiment que ces données appuient une meilleure intégration de la santé buccodentaire dans la prévention et la prise en charge du diabète.

Botelho J, Singh S, Varenne B et coll. Oral health and diabetes: a systematic review and meta-analysis. Lancet Public Health. 2026 ; 11 (8) : e555-e566. DOI : 10.1016/S2468-2667(26)00149-0