Nouvelles syndicales et professionnelles

Départ du premier vice-président de la FMOQ
Le Dr Pierre Martin : 30 ans d’engagement syndical

Nathalie Vallerand | 1 février 2026

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Le Dr Pierre Martin laisse place à la relève. Après 18 ans comme membre du conseil d’administration de la FMOQ, dont deux ans en tant que premier vice-président, il n’a pas sollicité de nouveau mandat. Il quitte aussi la présidence de l’Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie (AMOM), poste qu’il occupait depuis 24 ans. Même chose pour les rôles de substitut délégué et de délégué au Conseil qu’il a tenus pendant 30 ans.

Lors du Conseil de décembre dernier, le Dr Marc-André Amyot, président de la FMOQ, lui a rendu hommage. « Pierre, votre engagement a toujours été total. Que ce soit pour défendre la médecine de famille, améliorer l’organisation des soins ou porter la voix des omnipraticiens, vous avez été un pilier. » Le Dr Amyot a aussi souligné la rigueur du Dr Martin, son dévouement, son intelligence stratégique et sa capacité de rallier les gens autour d’objectifs communs. « Vous laissez une marque profonde », a-t-il ajouté.

Qu’est-ce qui motive la décision du Dr Martin ? « La raison principale, c’est l’âge. Après 42 ans de pratique, j’estime ne plus être représentatif des médecins. Et je trouve que c’est sain de savoir se retirer au bénéfice des plus jeunes. »

Il y a quelques années, le président sortant de l’AMOM a pris sous son aile un jeune médecin, le Dr Philippe Mc Neill, qui lui avait manifesté son intérêt pour la présidence de l’association. « Je lui ai notamment conseillé d’assister aux réunions du Conseil, de devenir chef du Département territorial de médecine familiale et de faire partie du comité d’audit de la FMOQ. Il est maintenant président de l’AMOM et membre du conseil d’administration de la FMOQ », indique le Dr Martin qui se dit heureux de laisser une association en ordre.

Après un quart de siècle à la tête de l’AMOM, de quoi est-il le plus fier ? « La création du prix Jean Garceau, décerné annuellement à un médecin qui travaille la plupart du temps dans l’ombre, mais qui se distingue d’une autre manière », répond-il. Le Dr Martin se félicite aussi de la mise en place d’un service de jumelage pour aider les membres à se trouver un médecin de famille de même que la désignation d’un « gardien de la santé », un collègue qui peut diriger les médecins en détresse vers de l’aide.

Cette initiative fait d’ailleurs écho à l’une des pires crises de sa carrière. Au début des années 2000, la Mauricie avait seulement 76 % des effectifs requis pour donner des soins à la population. « La charge sur les épaules des médecins était immense. Pour faciliter le recrutement à l’urgence de l’Hôpital de Shawinigan, nous avions demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux d’augmenter la rémunération de 5 %, mais ça nous a été refusé. »

Il a plutôt été décidé de fermer l’urgence à minuit, malgré les mises en garde des médecins. « Nous craignions qu’il y ait des morts à cause de cette mesure-là. De fait, la première nuit, un homme a fait une crise cardiaque et est décédé dans l’ambulance qui l’amenait à Trois-Rivières, à 30 minutes de route », raconte le Dr Martin. Un drame qui a aussi entraîné le suicide d’un médecin de l’hôpital. « J’y pense encore aujourd’hui », confie-t-il.

Se consacrer à la médecine

Même s’il met fin à ses activités syndicales, le Dr Martin n’aura pas le temps de s’ennuyer pour autant. En tant que chef du GMF du Cap, à Trois-Rivières, un projet de réorganisation clinique et de construction d’une nouvelle bâtisse à proximité de l’hôpital de Trois-Rivières le tiendra fort occupé au cours des prochains mois. « Nous voulons embaucher plus de professionnels de la santé pour épauler nos médecins, ce qui nous permettra de voir encore plus de patients », résume-t-il. Le Dr Martin d’expérience suit lui-même quelque 2200 patients, dont 600 en collaboration avec des infirmières praticiennes.

Accroître le travail interdisciplinaire au sein du GMF figure parmi ses objectifs. « Dans l’ensemble, il y a une belle collaboration, mais nous pourrions faire mieux. Je veux offrir de l’accompagnement aux médecins pour les aider à déléguer davantage. »

Pour terminer, il invite les médecins de famille à se mêler de leurs affaires, mais de façon positive. « Engagez-vous dans des comités, dans votre association. Participez aux Plans régionaux d’organisation des services. Et n’oubliez pas que lorsque vous défendez vos intérêts, vous devez aussi avoir en tête ceux de la population. Exercer dans un système public de santé vient baliser notre liberté professionnelle. Pour que toute la population ait accès à des soins, nous devons faire partie des solutions. »