Les étudiants en médecine se désintéressent plus que jamais de la médecine familiale. Seulement 73 % des postes de résidence des universités du Québec ont été pourvus lors du premier tour, soit 408 des 554 postes offerts. Il reste donc 146 places vacantes. C’est 41 de plus que dans tout le reste du Canada.
Ces résultats accentuent une tendance déjà observée au cours des six dernières années, où 17 à 20 % des postes ne sont pas comblés au premier tour. Pendant ce temps, presque l’entièreté des postes des autres spécialités s’envolent dès le premier tour. Cette année, c’est le cas de 445 des 454 places offertes.
Qu’est-ce qui explique la dégringolade des résultats en médecine familiale ? Le climat politique de l’automne dernier pourrait avoir miné l’intérêt des résidents pour cette spécialité, selon la Dre Anne-Louise Boucher, directrice de la Planification et du développement organisationnel, à la FMOQ. « Ce n’est pas avec des propos dévalorisants sur la place publique et l’imposition de nouvelles règles sous la contrainte qu’on incite des jeunes à devenir médecins de famille. Je pense qu’il y aura une leçon d’histoire à retenir de ce qui s’est passé l’automne dernier. »
Les répercussions sur la médecine familiale risquent toutefois de durer longtemps. « Quand un résident choisit une autre spécialité, ce sont 30 à 35 années de pratique de moins pour la médecine familiale », déplore la Dre Boucher en ajoutant que la province fait déjà face à une pénurie de plus de 2000 médecins de famille.
Évidemment, tout n’est pas perdu. Certaines des places restantes pourront être comblées au deuxième tour. « Bon an mal an, on a une vingtaine de postes qui trouvent preneur. Mais même si c’est encore le cas cette année, il en restera plus de 100 vacants. C’est beaucoup. Pourtant la médecine familiale permet une pratique polyvalente, ce que plusieurs médecins apprécient. C’est vraiment une belle profession. »
Postes vacants de résidence en médecine familiale au Québec après le premier tour du jumelage (début mars 2026)*
- Université Laval : 59
- Université de Sherbrooke : 41
- Université de Montréal : 33
- Université McGill : 13
* Les données ne comprennent pas les postes du campus de Moncton de l’Université de Sherbrooke.
