Au Québec, 106 postes en médecine familiale n’ont toujours pas trouvé preneur après le second tour du Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS), alors que 146 places étaient à pourvoir. « Un nombre considérable de patients pourraient être soignés si ces postes étaient comblés, souligne la Dre Anne-Louise Boucher, directrice de la Planification et du développement organisationnel à la FMOQ. La crise de l’automne dernier a sûrement eu un impact délétère sur l’attrait de notre profession. Il ne faut plus revivre cela. »
Tout en demeurant prudente, elle voit aussi le positif de la situation. « Malgré le contexte des derniers mois, 40 postes ont été choisis au deuxième tour par des résidents. L’amélioration du climat politique y est peut-être pour quelque chose. »
Le résultat du jumelage marque néanmoins un recul par rapport aux années précédentes. Ainsi, sur les 554 postes disponibles au premier tour, 81 % ont été attribués après le deuxième tour. En comparaison, 87 % des postes avaient été pourvus en 2024 et 2025. Du côté des médecins spécialistes, deux places seulement sont vacantes, l’une en psychiatrie et l’autre en santé publique.
Dans le reste du Canada, en revanche, l’attrait pour la médecine familiale est beaucoup plus élevé. En effet, seulement 10 postes de résidence sont toujours libres, soit 10 fois moins qu’au Québec.
Pour la Dre Boucher, il est impératif de poursuivre les efforts visant à améliorer les conditions de pratique et à valoriser la médecine familiale. « Il faut créer un environnement de pratique favorable, fondé sur une collaboration interprofessionnelle, des outils informatiques efficaces et des corridors de services performants. Et surtout, cesser le dénigrement. »
Postes vacants en médecine familiale dans les facultés de médecine au Québec
- Université Laval : 46
- Université de Montréal : 24
- Université de Sherbrooke : 26 (+ 3 postes à Moncton)
- Université McGill : 10
- Total : 106
