Antibiotiques et microbiote : des associations jusqu’à 8 ans plus tard
Nature Medicine
La prise d’antibiotiques par voie orale pourrait être associée à des effets à long terme sur le microbiote intestinal, selon une étude suédoise menée auprès de 14 979 adultes. Les chercheurs ont combiné les données individuelles de prescription sur huit ans à des analyses métagénomiques d’échantillons de selles. L’association avec une diversité microbienne réduite était plus marquée lorsque l’antibiotique avait été utilisé dans l’année précédente, mais demeurait significative pour des traitements reçus de 1 à 4 ans, et même de 4 à 8 ans avant le prélèvement.
Les associations variaient toutefois considérablement selon les classes d’antibiotiques. La clindamycine et les fluoroquinolones étaient notamment associées aux effets les plus marqués sur le microbiote, même après 4 à 8 ans. La pénicilline V, les pénicillines à spectre élargi et la nitrofurantoïne étaient pour leur part associées à peu de changements. Les auteurs estiment que ces résultats pourraient constituer un argument supplémentaire pour limiter l’usage des antibiotiques et privilégier, lorsque possible, des molécules ayant un moindre impact sur le microbiote.
Baldanzi G, Larsson A, Sayols-Baixeras S et coll. Antibiotic use and gut microbiome composition links from individual-level prescription data of 14,979 individuals. Nat Med 2026 ; 32 : 1351-1361. DOI : 10.1038/s41591-026-04284-y
L’incidence du cancer colorectal augmente chez les moins de 50 ans
CA : A Cancer Journal for Clinicians
L’incidence globale du cancer colorectal continue de diminuer aux États-Unis, mais cette tendance masque une hausse observée chez les adultes de moins de 65 ans, selon le rapport 2026 de l’American Cancer Society. De 2013 à 2022, l’incidence a reculé de 0,9 % par année dans l’ensemble de la population, une baisse largement attribuable à un recul annuel de 2,5 % chez les personnes de 65 ans et plus. Elle a toutefois augmenté de 3 % par année chez les 20 à 49 ans et de 0,4 % par année chez les 50 à 64 ans.
La hausse est surtout portée par les tumeurs du côlon distal et du rectum. Le cancer du rectum représente désormais 32 % des cancers colorectaux, contre 27 % au milieu des années 2000. La mortalité est également en augmentation chez les adultes de moins de 50 ans depuis 2004, et chez les 50 à 64 ans depuis 2019. Les auteurs soulignent l’importance d’un diagnostic plus précoce, tant par le dépistage que par une meilleure reconnaissance des symptômes par les cliniciens et le grand public.
Siegel RL, Wagle NS, Star J et coll. Colorectal cancer statistics, 2026. CA Cancer J Clin 2026 ; 76 (2) : e70067. DOI : 10.3322/caac.70067
Soins primaires et visites aux urgences en cas d’insuffisance rénale terminale
JAMA Network Open
Le suivi par un médecin de première ligne est associé à une utilisation moindre des services d’urgence chez les patients atteints d’insuffisance rénale terminale sous dialyse, selon une étude transversale rétrospective portant sur 181 520 patients américains.
Selon un modèle développé par les chercheurs, le risque estimé de visite à l’urgence sans hospitalisation était de 51,2 % chez les patients ayant un suivi en soins primaires, comparativement à 72,1 % chez ceux qui n’en avaient pas. Le risque de toute visite à l’urgence était aussi plus faible (69,4 % contre 75,0 %), mais aucune différence significative n’a été observée en matière d’hospitalisations. Les auteurs estiment qu’un recours accru aux soins primaires pourrait contribuer à réduire certaines visites à l’urgence dans cette population.
Bailoor K, Hirth RA, Guro P et coll. Primary care involvement and health care utilization among patients with end-stage kidney disease. JAMA Netw Open 2026 ; 9 (3) : e260807. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2026.0807
Premiers épisodes psychotiques : une hausse observée en Ontario
The Lancet Psychiatry
Une étude populationnelle longitudinale rétrospective menée en Ontario a analysé les données administratives de santé de 7,45 millions de personnes âgées de 14 à 50 ans, sans antécédent de psychose, suivies entre 2006 et 2023. Les chercheurs ont recensé les nouveaux diagnostics de premiers épisodes psychotiques et, parmi ceux-ci, les psychoses induites par une substance, puis ont comparé les résultats selon des cohortes de naissance quinquennales allant de 1970 à 2004.
Au total, 114 423 personnes ont reçu un diagnostic de premier épisode psychotique. Chez les 20 à 24 ans, l’incidence annuelle de premiers épisodes psychotiques est passée de 138 à 172 par 100 000 personnes entre 2006 et 2023 ; sur la même période, l’incidence des psychoses induites par une substance a plus que doublé, passant de 17 à 36 par 100 000 personnes. Par rapport aux personnes nées entre 1980 et 1984, celles nées de 1990 à 1994 présentaient, à 30 ans, une incidence cumulative plus élevée tant de premier épisode psychotique (1,85 % contre 0,73 %) que de psychose induite par une substance (0,36 % contre 0,08 %).
Myran DT, Gibb M, Pugliese M et coll. First-episode psychosis and substance use involvement across birth cohorts in Canada: a retrospective longitudinal population-based study. Lancet Psychiatry 2026 ; 13 (3) : 223-232. DOI : 10.1016/S2215-0366(25)00395-5