Parmi 70 professions et métiers, les médecins de famille figurent presque en tête de liste dans le cœur des Québécois, a indiqué d’entrée de jeu Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal, lors de la présentation des résultats d’un sondage du groupe Léger, le 8 mai dernier, au congrès des membres de la FMOQ. Réalisé à la demande de la FMOQ auprès de 1000 Québécois à la fin d’avril 2026, ce sondage vise à mieux comprendre l’opinion de la population à l’égard des médecins de famille et du réseau de la santé.
Les médecins de famille occupent le quatrième rang pour ce qui est des attentes et de la confiance de la population, avec une note de 90 %, juste derrière les pompiers, les ambulanciers et les infirmières. Pourquoi ce rang ? « Les gens pensent que, peu importe la situation, les pompiers, les ambulanciers et les infirmières seront disponibles. Dans le cas des médecins, l’accès demeure un enjeu, en raison notamment du manque d’effectif. Les patients ne sont donc pas certains qu’un médecin sera là pour eux lorsqu’ils en auront besoin », explique le conférencier.
Cependant, même s’il n’est pas toujours facile d’obtenir un rendez-vous médical, la population ne blâme pas les médecins. Elle estime en effet que cette difficulté découle de contraintes hors du contrôle des médecins. « Les patients souhaitent que vous ayez plus de temps à leur consacrer, mais ils savent que l’organisation de votre horaire dépend de nombreux facteurs qui ne relèvent pas de vous », résume le conférencier, membre du conseil d’administration du groupe Léger.
Par ailleurs, peu importe la profession, la satisfaction à l’égard des services repose toujours sur trois paramètres : la compétence, la disponibilité et la qualité. Ces éléments influencent également les attentes et la confiance envers les prestataires de services, dont les médecins.
À ce sujet, les résultats sont positifs : le sondage révèle que les Québécois perçoivent les médecins de famille comme compétents, dévoués, attentifs, rigoureux et experts. Fait intéressant, même les répondants qui n’ont pas de médecin de famille entretiennent une perception favorable de la profession. De plus, plusieurs Québécois reconnaissent que la pratique médicale est exigeante : 59 % jugent les médecins de famille surmenés, tandis que 45 % les considèrent comme stressés.
Malade, le réseau de la santé ?
Contrairement à la perception qu’ils ont des médecins de famille, les répondants au sondage Léger se montrent beaucoup plus critiques envers le réseau de la santé. Plus de 70 % estiment qu’il fonctionne mal. À qui la faute ? Les Québécois attribuent principalement cette situation aux gestionnaires et aux instances du système de santé, tandis que les médecins de famille ne sont mentionnés que par une minorité des répondants (3 %).
Toutefois, les avis sont plus partagés lorsqu’il s’agit de déterminer qui contribue le plus à ce qui fonctionne bien dans le réseau. Un quart des répondants (26 %) cite les médecins de famille, presque ex æquo avec le ministère de la Santé (25 %). Les gestionnaires, les médecins spécialistes et les syndicats, pour leur part, totalisent 34 % des réponses. Une conclusion s’impose : les médecins de famille font partie de la solution plutôt que du problème, souligne M. Nantel.
Enfin, 44 % de la population québécoise estime que l’accès à un médecin de famille constitue la priorité pour améliorer le réseau de la santé. D’ailleurs, 83 % des répondants jugent prioritaire l’augmentation du nombre d’omnipraticiens. De plus, 80 % estiment que les conflits entre le gouvernement du Québec et les médecins de famille ont un impact négatif sur la santé de la population.
