Radar médical

Radar médical (juillet 2026)
Tour d'horizon de la recherche

Maxime Johnson | 1 juillet 2026

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Le Médecin du Québec propose chaque mois un aperçu d’études de tous horizons qui ont suscité son intérêt.

Vaccin contre le VPH et cancers chez les hommes

JAMA Oncologie

Chez les garçons et les hommes de 9 à 26 ans, la vaccination par le vaccin nonavalent 9v-HPV contre le virus du papillome humain (VPH) a été associée à un risque moindre de cancers liés au VPH après un suivi pouvant atteindre 10 ans, selon une étude de cohorte rétrospective.

 Après appariement par score de propension afin d’assurer la comparabilité des groupes, 510 260 hommes vaccinés ont été comparés à un nombre équivalent d’hommes non vaccinés. Le risque combiné de cancers liés au VPH — tête et cou, œsophage, anus et pénis — était plus faible chez les hommes vaccinés (rapport des risques instantanés : 0,54 ; P = 0,002). L’association négative entre le vaccin et les cancers liés au VPH s’est maintenue tant chez les patients âgés de 9 à 14 ans que chez ceux de 15 à 26 ans.

Kitano T, Yoshida S. Nine-valent human papillomavirus vaccination and related cancers in males. JAMA Oncol. 2026. DOI : 10.1001/jamaoncol.2026.0496

 

Infections urinaires : la nitrofurantoïne plus efficace que la fosfomycine

The Lancet

Chez les femmes présentant des symptômes d’infection urinaire basse non compliquée, la nitrofurantoïne est plus efficace qu’une dose unique de fosfomycine pour faire disparaître les symptômes après sept jours, selon un essai clinique pragmatique, ouvert et avec répartition aléatoire mené dans des centres de soins primaires en Espagne.

L’étude a réparti 768 femmes entre quatre traitements. Au jour 7, la résolution clinique a été plus fréquente avec la nitrofurantoïne pendant cinq jours (74 %) qu’avec la fosfomycine en dose unique (59 %). Le pivmécillinam pendant trois jours a permis une résolution clinique chez 70 % des participantes, contre 67 % avec la fosfomycine en deux doses. Les effets indésirables, principalement gastro-intestinaux, étaient généralement légers et se sont résorbés spontanément.

Llor C, Monfà R, Garcia-Sangenís A et coll. Clinical and bacteriological effectiveness of three different short-course antibiotic regimens and single-dose fosfomycin for uncomplicated lower urinary tract infections in women (SCOUT) : a pragmatic, multicentre, open-label, randomised clinical trial. Lancet. 2026 ; 407 : 1603-13. DOI : 10.1016/S0140-6736(25)02171-3

 

Aliments ultratransformés et comportement chez les enfants

JAMA Network Open

Une consommation plus élevée d’aliments ultratransformés à 3 ans est associée à un pointage plus élevé — indiquant davantage de symptômes comportementaux et émotionnels — à 5 ans au questionnaire Child Behavior Checklist, selon une étude de cohorte canadienne portant sur 2077 enfants.

Les aliments ultratransformés représentent en moyenne 45,5 % de l’apport énergétique à 3 ans. Chaque hausse de 10 % de cet apport est associée à des pointages légèrement plus élevés pour les symptômes intériorisés (ß = 0,81), extériorisés (ß = 0,47) et totaux (ß = 0,64). À l’inverse, remplacer 10 % de l’énergie provenant d’aliments ultratransformés par des aliments peu ou pas transformés est associé à des pointages plus faibles (ß = 0,91, 0,49 et 0,70). Selon les auteurs, ces résultats soulignent l’importance d’interventions alimentaires tôt dans la vie.

Kavanagh ME, Chen ZH, Tamana SK et coll. Ultraprocessed food consumption and behavioral outcomes in Canadian children. JAMA Netw Open. 2026 ; 9 (3) : e260434. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2026.0434

 

Arrêt de la lévothyroxine

JAMA

Chez des adultes de 60 ans ou plus traités par lévothyroxine depuis au moins un an, environ un patient sur quatre a pu cesser son traitement tout en maintenant une fonction thyroïdienne jugée adéquate un an plus tard, selon une étude prospective ouverte menée auprès de 370 personnes dans 58 cliniques de première ligne aux Pays-Bas. La dose était réduite graduellement, et la fonction thyroïdienne était mesurée au moins six semaines après chaque diminution.

Parmi les 366 participants ayant terminé leur suivi, 25,7 % présentaient, un an après le début de la réduction progressive du traitement, un taux de thyréostimuline (TSH) inférieur à 10 mUI/l et une concentration de thyroxine libre dans les valeurs de référence. Le taux de réussite de l’arrêt était plus élevé chez les patients à faible dose : 63,6 % de ceux qui recevaient 50 µg par jour ou moins ont pu cesser le traitement. Les auteurs estiment qu’il pourrait être pertinent de réévaluer la nécessité de poursuivre le traitement chez les patients de 60 ans ou plus, surtout à faible dose.

Ravensberg J, Gussekloo J, Le Cessie S et coll. Discontinuation of levothyroxine in adults aged 60 years or older. JAMA. 2026 ; 335 (17) : 1491-98. DOI : 10.1001/ jama.2026.2864