Vaccins : aucun lien entre adjuvants à base d’aluminium et problèmes graves
BMJ
Les vaccins contenant un adjuvant à base d’aluminium ne sont pas associés à des problèmes de santé graves ou à des effets à long terme, selon une revue systématique de l’Agence de la santé publique du Canada. Les chercheurs ont analysé 59 études, soit 37 rapports ou séries de cas, 11 essais comparatifs avec répartition aléatoire, neuf études de cohorte et deux études écologiques.
Les études retenues ne soutiennent pas l’existence d’un lien causal entre les adjuvants à base d’aluminium et les troubles du spectre de l’autisme, l’asthme ou d’autres maladies chroniques. Les seules réactions régulièrement documentées sont des nodules persistants ou des granulomes localisés. Ces réactions sont toutefois rares (moins de 1 % des cas), demeurent généralement limitées au point d’injection et disparaissent spontanément. Les données sur la myofasciite à macrophages, elles, sont insuffisantes et ne permettent pas d’établir une association causale crédible.
Doyon-Plourde P, Chong J, Abrams EM et coll. Aluminium adjuvants in vaccines and potential health effects: systematic review. BMJ. 2026 ; 393 : e088921. DOI : 10.1136/bmj-2025-088921
Un risque psychiatrique accru lors des grossesses adolescentes
The Lancet Child & Adolescent Health
Les adolescentes enceintes ou en période postpartum présentent un risque accru de diagnostics psychiatriques et d’événements psychiatriques défavorables, selon une étude de cohorte rétrospective ontarienne. Les chercheurs ont comparé 27 547 naissances issues de grossesses chez des adolescentes de moins de 20 ans à 965 182 naissances chez des adultes de 20 ans ou plus.
Un trouble psychiatrique pendant la grossesse ou au cours de l’année suivant l’accouchement a été diagnostiqué chez 39,8 % des adolescentes, contre 25 % des adultes (risque relatif [RR] ajusté : 1,35). Les écarts étaient plus marqués pour les consultations à l’urgence pour un motif psychiatrique (9 % contre 1,6 % ; RR ajusté : 3,63), les hospitalisations pour raison psychiatrique (2,2 % contre 0,4 %; RR ajusté : 3,67) et les épisodes d’automutilation (1,2 % contre 0,1 %; RR ajusté : 7,11).
Barker LC, Aggarwal A, Babujee A et coll. Psychiatric disorder diagnoses and adverse psychiatric outcomes among pregnant and postpartum adolescents in Ontario, Canada: a retrospective, population-based cohort study. Lancet Child Adolesc Health. 2026 ; 10 (7) : 515-23. DOI : 10.1016/S2352-4642(26)00040-4
Les médecins aussi sont sensibles au biais d’automatisation de l’IA
NEJM AI
Même lorsqu’ils sont formés à évaluer de façon critique les réponses de l’intelligence artificielle (IA), les médecins peuvent être influencés par le biais d’automatisation, c’est-à-dire la tendance à accorder une confiance excessive aux réponses produites par un système automatisé, selon un essai comparatif avec répartition aléatoire mené au Pakistan. Les chercheurs ont recruté 44 médecins ayant suivi une formation de 20 heures sur l’IA, puis leur ont demandé d’établir un diagnostic à partir de six vignettes cliniques, avec la possibilité de consulter les suggestions de ChatGPT.
Dans le groupe témoin, les suggestions de l’IA étaient exactes. Dans le groupe expérimental, elles contenaient des erreurs volontairement introduites dans trois des six cas. La qualité du raisonnement clinique était alors inférieure, avec un pointage de 73,3 %, comparativement à 84,9 % dans le groupe témoin. Le taux d’exactitude du diagnostic principal retenu par les médecins était également plus faible : 76,1 %, contre 90,5 % dans le groupe témoin.
Qazi IA, Ali A, Khawaja AU et coll. Automation bias in large language model–assisted diagnostic reasoning among physicians trained in AI literacy — a randomized clinical trial. NEJM AI. 2026 ; 3 (5). DOI : 10.1056/AIoa2501001
Blessures musculosquelettiques chez l’enfant : l’ibuprofène suffit
JAMA
Ajouter de l’acétaminophène ou de l’hydromorphone à l’ibuprofène ne soulage pas mieux la douleur chez les enfants ayant une blessure musculosquelettique aiguë traitée sans chirurgie, selon deux essais comparatifs avec répartition aléatoire à double insu menés dans six urgences pédiatriques canadiennes. Les chercheurs ont recruté 699 enfants de 6 à 17 ans dont la douleur était d’au moins 5 sur 10.
Après 60 minutes, le score moyen de douleur était comparable d’un groupe à l’autre : 4,8 avec l’association ibuprofène-hydromorphone, 4,6 avec l’association ibuprofène-acétaminophène, et 4,6 avec l’ibuprofène seul. Les effets indésirables étaient toutefois plus fréquents avec l’hydromorphone (28,2 %) qu’avec l’acétaminophène ajouté (6,1 %) ou l’ibuprofène seul (5,8 %). Aucun effet indésirable grave n’a été signalé.
Ali S, Klassen TP, Candelaria P et coll. Acetaminophen (paracetamol) or opioid analgesia added to ibuprofen for children’s musculoskeletal injury: two randomized clinical trials. JAMA. 2026 ; 335 (10) : 863-73. DOI : 10.1001/jama.2025.25033