Éditorial

L’entente est là… et le travail continue

Marc-André Amyot | 1 septembre 2026

Télécharger cet article

Reproduction, adaptation ou distribution du PDF interdite.

Au moment d’écrire ces lignes, une étape déterminante vient d’être franchie pour les médecins de famille du Québec et leurs patients : après des années de travaux, la FMOQ et le gouvernement du Québec en sont arrivés à une entente finale sur un nouveau modèle de rémunération en première ligne.

Je sais que vous attendiez ce moment. Nous vous avions promis que vous seriez les premiers informés lorsque nous aurions confirmé les modalités de ce nouveau modèle 50-30-20. C’est chose faite, et nous vous présenterons ce que l’entente signifiera pour vous dans les prochaines semaines. Nous avons échangé avec vos présidents d’associations en août et les rencontrerons de nouveau ce mois-ci.

L’entente est conclue, mais elle n’est pas encore opérationnelle. Il reste à déterminer avec le gouvernement les quantums, soit les montants associés à ses différents éléments. La RAMQ doit également traduire dans ses systèmes le modèle de rémunération composé en première ligne. Cette transformation soulève de nombreuses questions, et sa mise en œuvre prendra donc un certain temps.

Nous avançons méthodiquement, mais toujours avec vous.

Informer, expliquer, accompagner

Le modèle de rémunération composé 50-30-20 représente un changement important pour la première ligne.

Après les échanges avec vos présidents, nous vous présenterons l’entente. Une capsule vidéo en expliquera les principaux éléments, puis un webinaire vous permettra de poser vos questions. D’autres webinaires pourront ensuite être proposés selon les types de pratique. Une foire aux questions évoluera au fil des précisions obtenues. Nous continuerons de vous informer par le Point FMOQ, vos associations, les AGA — soyez-y dès ce mois-ci ! — et le Conseil des délégués. Dès que les quantums seront connus, un simulateur de rémunération sera mis à votre disposition.

Notre engagement est simple : ne pas vous laisser seuls devant un changement de cette ampleur. Nous vous donnerons l’information et les outils nécessaires à mesure que l’entente deviendra applicable.

Du côté des médecins de famille en deuxième ligne et dans des pratiques spécifiques, des rencontres à très haut niveau ont eu lieu, et les travaux techniques sur le décaissement des sommes se poursuivent activement.

La campagne est commencée : faites-vous entendre !

La campagne électorale bat son plein. Et nous devons faire comprendre aux personnes qui aspirent à gouverner le Québec une réalité incontournable : il manque plus de 2000 médecins de famille, et toute solution en santé doit être évaluée à l’aune de son effet sur l’attractivité et la rétention.

Or, une médecine de famille attractive, c’est une profession que la relève souhaite choisir, mais aussi une profession dans laquelle celles et ceux qui l’exercent peuvent demeurer en santé pour mieux soigner les autres.

Le nombre record de dossiers ouverts au Programme d’aide aux médecins du Québec l’automne dernier pour des situations de détresse doit tous nous interpeller.

Cet été, nous avons perdu tragiquement l’un des nôtres. Sans établir de raccourci entre un drame individuel et un contexte professionnel ou politique, ce décès nous rappelle que la santé et le mieux-être des médecins ne peuvent être tenus pour acquis et qu’ils sont essentiels à notre capacité de bien soigner la population.

La Fédération rencontre déjà les partis politiques et leurs porte-paroles en santé pour porter ce message. Mais nous avons aussi besoin de vous !

Vos présidents d’associations et vous-mêmes disposez d’outils pour rencontrer les candidates et candidats de votre région. Joignez-vous à eux si vous le pouvez. Saisissez chaque occasion dans vos circonscriptions. Personne ne peut mieux expliquer que vous ce que signifie concrètement la pénurie : ce qu’elle change dans votre GMF, à l’urgence, à l’hôpital ou en CHSLD ; ce dont vos patients ont besoin ; ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne plus.

Les médecins de famille sont souhaités et nécessaires partout au Québec. Il faut le rappeler aux candidats, aux médias et à la population. Les affrontements répétés entre les gouvernements et les médecins ne rendent pas la profession attractive, ne créent pas un seul médecin de famille de plus et n’améliorent pas l’accès aux soins.

Nous avons besoin de vous comme jamais pour le faire entendre, pour le faire comprendre.

Les solutions qui émergeront de cette campagne devront être fondées sur le bon diagnostic.

Nous n’avons que quelques semaines pour faire de l’attractivité de la médecine de famille une priorité incontournable du prochain gouvernement.

Chaque rencontre compte. Chaque voix compte. Faites entendre la vôtre.