Chaque année, près de 30 000 personnes au Canada bénéficient d’une intervention chirurgicale cardiaque. Bien que la plupart se rétablissent sans complications majeures, jusqu’à 15 % des patients peuvent présenter des hémorragies.
La bande dessinée Sang d’encre plonge le lecteur dans cet univers où les décisions se prennent souvent dans l’urgence. Elle suit le personnel soignant en salle de chirurgie cardiaque et aux soins intensifs, au chevet des patients. La bande dessinée rend le quotidien des soins intensifs accessible tant pour les initiés que pour le public qui le découvre.
Si l’œuvre est fictive, elle s’appuie cependant sur des témoignages véridiques de professionnels de la santé. Ceux-ci sont représentés sous forme animale, un choix permettant de préserver leur anonymat, tandis que les patients et leurs proches demeurent humains.
Le narrateur du récit est le sang, un fil conducteur omniprésent tout au long de l’œuvre. Cette idée se reflète aussi sur le plan visuel avec l’utilisation marquée du rouge, seule couleur présente en dehors du noir et du blanc.
La bande dessinée met également en lumière le rôle essentiel du travail d’équipe, où les infirmières et infirmiers en première ligne doivent par exemple anticiper l’imprévisible, détecter les complications et agir avec rigueur et sang-froid. Mais au-delà des gestes techniques, Sang d’encre rappelle une vérité souvent invisible : « Les soignants ne font pas que soigner. Ils observent, s’inquiètent, espèrent. Et parfois, ils doutent. » Voilà une invitation à les voir comme des spécialistes, mais aussi comme des êtres profondément humains.
Presses de l’Université de Montréal, Québec, 2026, 108 pages, 21,95 $ (version numérique : 17,99 $) https://bit.ly/mdqsangdencre
